Mdecine-du-sport-2019 interview avec l'expert DAH Cyrille

Interview exclusive avec Professeur DAH Cyrille Serges sur son Cours de médecine sportive et protection des athlètes intègres


Par Thierry Niyungeko 


Professeur de physiologie et de médecine du sport à l'université d'Abidjan, nous avons rencontré Pr DAH Cyrille Serges à Bujumbura où il est venu dispenser ce cours de 3 jours organisé par la Solidarité Olympique à travers le CNO burundais à l'intention d'équipes des fédérations sportives nationales. 31 participants ont été certifiés à l'issue de cette formation.


TN : Bonjour Professeur. Quels sont les objectifs du cours que vous avez dispensé ?


Professeur DCS : L'objectif de ce cours est d'abord de doter des connaissances nécessaires aux participants qui s'intéressent à la santé des sportifs pour qu'ils soient capables de donner des informations justes dans le domaine de la médecine du sport. Etant donné qu'il y ait un certain nombre d'années qu'il n y a plus de formations au Burundi, il a fallu rallumer la bougie qui sera ensuite entretenue par les bénéficiaires de ce séminaire.


Quelles sont les missions d'un médecin du Sport ?


Sa première mission est de faire en sorte que le sportif dans sa pratique soit en bonne santé de telle sorte que ses exercices n'entraînent pas de troubles, désagréments ou autres situations préjudiciables à sa santé. Il faut qu'il soit en parfaite état sanitaire avant de pratiquer et sa pratique doit être surveillée pour qu'elle se passe dans de meilleures conditions. Les accidents doivent être minimisés et le médecin du sport doit veiller à ce qu'il n y ait pas de cas de décès pouvant survenir au moment de la pratique.


Selon vous, quel est l'état des lieux de la médecine sportive au Burundi ?


Il y a eu un retard de 6 ans sans formations et cela est peut-être dû au fait qu'il y ait eu du sommeil au sein de l'association burundaise de la médecine du Sport mais je crois qu'avec le cours de cette année, les participants vont remettre les structures de l'association sur les rails.


Comme il y a longtemps sans formation, quelles sont les nouveautés qui ont été introduites en médecine sportive ?


Il y en a beaucoup. Déjà comme je l'ai clairement expliqué dans le domaine de la lutte contre le dopage par exemple, chaque année la liste est actualisée et devient nouvelle du coup. Dans la prise en charge, les choses ont aussi évolué parce que la médecine du sport est pluridisciplinaire. C'est-à-dire que quand les autres spécialités de la médecine évoluent, c'est au profit des sportifs. Il y a aussi l'évolution du matériel médical qui est devenu plus performant avec de nouveaux outils, la recherche scientifique qui se perfectionne et permet une meilleure prise en charge des sportifs.


Parlez-nous du dopage que vous avez abordé au cours de votre formation.


Le dopage est vraiment une tricherie, une pratique à bannir complètement dans le monde du Sport parce qu'il élimine l'égalité des chances entre les athlètes. En plus, il a des répercussions et des incidences sur la santé aussi bien physique que psychique du sportif lui-même.


Comment lutter contre ?


La lutte commence par la prévention. Il faut d'abord expliquer à tout l'entourage du sportif qu'il n'a aucun intérêt de s'adonner à ce genre de pratiques. Après la prévention, il y a la répression. Les outils de celle-ci doivent être mis en place mais on privilégie surtout la prévention pour qu'on n'arrive pas à cette dernière.


Quelles sont les sanctions infligées aux athlètes dopés ?


Les sanctions varient en fonction des conditions et de la substance utilisées. Elles peuvent êtres minimes et le maximum c'est l'exclusion de toute activité sportive durant 4 ans, la durée d'une olympiade et je pense que c'est une suspension assez dissuasive pour les sportifs qui font usage du dopage.


Comment se fait la couverture médicale d'une compétition ?


La couverture médicale d'une compétition fonctionne suivant sa nature et sa grandeur. Le médecin en charge doit vérifier l'aspect administratif qui concerne les problèmes éventuels d'assurance et puis les possibilités d'évacuation des sportifs et autres blessés. A partir du moment où il dispose du matériel, il procède à la mise en place de ses hommes. La dangerosité de la compétition se mesure en fonction du type de sport, par exemple une compétition en plein air avec entrée gratuite, les risques deviennent beaucoup plus élevés pour le public et les sportifs eux-mêmes. Le médecin du sport doit donc mettre son dispositif conformément à une règlementation internationale qui existe pour tous les sports.


Comment remédier au sous-équipement des médecins du sport ?


Votre question me pousse à lancer un appel aux dirigeants sportifs, présidents des fédérations, responsables des clubs et d'autres groupements sportifs pour qu'ils comprennent qu'un médecin du sport a besoin des équipements adéquats pour que leurs athlètes aient de bonnes performances.


Qu'est-ce que vous suggérez aux médecins du sport pour qu'ils assurent convenablement la protection de la santé des sportifs ?


Je leur conseille de faire revivre leur association et se rencontrer souvent afin d'échanger leurs connaissances et expériences. Ils devront maintenir le contact avec le niveau international afin de s'imprégner des nouveautés de la médecine du sport. Je leur suggère aussi de réactiver le comité national de lutte contre le dopage puisque j'ai été informé qu'il était en sommeil.


Merci beaucoup Professeur…


Je vous remercie autant.


Thierry Niyungeko


Photo : Munis de leurs certificats, les participants au cours de la médecine du sport posent dans la salle des conférences de Martha Hôtel où a lieu les séances de formation. 

 

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Guest
lundi 26 septembre 2022
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